Ce soir j'ai de la peine
--> ... et ça fait mal...
L’article que je m’apprête à écrire aurait dû être publié peu après celui que j’ai publié ici en début de semaine, mais pour plusieurs raisons je n’ai pas pu tenir mon propos. Il faut que je sois franc avec vous : mon texte sur le suicide n’aurait même pas dû devenir un article ; en fait je voulais simplement écrire un tout petit paragraphe pour introduire mon sujet véritable, mais il se trouve que je me suis laissé emporter par le sujet et que le paragraphe en question est assez rapidement devenu assez long pour que je décide de le proposer comme article.
Quand j’ai voulu écrire cet article je n’allais pas bien. La fameuse soirée rouge chez Alain B. ne s’était pas bien passée. En fait ce n’est pas la soirée qui a foiré, mais un événement ponctuel a tout gâché. Il est inutile de vous expliquer les sentiments que je ressens vis-à-vis d’un certain Julien ; eh bien auprès de mes amis c’est un peu la même chose : tout le monde sait que je craque pour lui (tout le monde sauf probablement Julien même). Or depuis quelques semaines il y a un de mes amis qui a commencé à tourner autour de mon chouchou. Au début cela ne m’a pas trop posé de problèmes car je ne le voyais pas comme une menace. Eh bien j’aurais dû faire plus attention car cet « ami » (à partir d’ici les « » sont indispensables), est arrivé a percer la carapace de Julien. Samedi l’affront final : cet « ami » et Julien se roulaient des patins sous les regards incrédules de Samuel et Julienne (qui n’ont omis aucun détail lorsqu’ils m’ont rapporté la chose).
Inutile de dire que depuis le début de la soirée j’avais vu venir la catastrophe et je n’attendais que son arrivée. Christophe M, cet « ami » qui ne cesse pas de sanctifier notre amitié et d’en parler comme l’on parle de quelque chose d’unique, Christophe, le dépressif qui se plaint de ne pas avoir d’amis, Christophe qui drague tout ce qui bouge, a versé la goutte qui a fait déborder le vase. Il y a peu de choses pires que celle qu’il a fait ; il a juste embrassé Julien, le charmant Julien, parce qu’il est en manque… Je ne suis pas près de pardonner cela et à la fin de cet article son nom sera banni pendant un bon moment de tous mes discours… Mais pour le moment il faut encore parler de lui, pour que j’évacue ma déception, ma colère et ma frustration jusqu’au bout.
Durant la soirée, et juste après l’acte, Christophe est venu vers moi pour discuter (ou pour s’expliquer) ; il m’a demandé si je lui en voulais (selon lui il était concevable que je ne lui en voulais pas) et puis il a essayé de s’excuser pour sa conduite disant qu’il s’en voulait trop et qu’il culpabilisait. Cela m’a fait beaucoup rire car il savait consciemment que j’ai des sentiments assez forts pour le charmant Julien, mais il a consciemment (et j’insiste sur l’adverbe « consciemment ») décidé de faire quelque chose qui pourrait me faire du mal. Je trouve qu’il est facile de s’en vouloir après et que s’il ne voulait pas me faire du mal il aurait dû y réfléchir avant de se conduire comme il s’est conduit.
Le pauvre, il s’en veut maintenant et il m’a demandé de le pardonner ! Eh bien pour l’instant je n’ai pas trop envie de lui parler ; il est vrai qu’il faudrait que l’on discute et que l’on mette les choses en clair, mais en ce moment l’idée me répugne. La même conduite m’aurait probablement dérangé chez n’importe qui, mais chez Christophe cela me dérange encore davantage. Vous vous demanderez pourquoi et je ne vais pas hésiter à vous le dire en toute franchise : comme vous le savez (si vous me lisez pendant un bon moment), il y a une petite année, Christophe et moi avions flirté pendant une soirée au Para et on avait fini pour s’embrasser. Or à l’époque il était encore avec son copain et j’avais beaucoup culpabilisé car je ne voulais pas être la cause de la rupture d’un couple si solide. Et effectivement je ne l’ai pas été car Christophe, sans beaucoup de compliment s’est empressé de me dire qu’il ne quitterait pas son copain ; ce qui s’est passé entre nous lui avait beaucoup plu, mais il ne voulait pas jouer avec la confiance de son homme. J’avais bien entendu compris que j’aurais été celui qui sortait le plus cassé de cette histoire ; il m’a fallu du temps pour m’y remettre et encore je me pose des questions par rapport à mes agissements ; aurais-je pu éviter de tomber dans le panneau ? Je pense qu’avec un peu de bon sens tout aurait été différent. Malheureusement je n’ai pas encore inventé la machine à remonter le temps et je ne peux par conséquent pas changer le passé ; en plus, il faut dire que j’ai souffert à cause de Christophe, mais que grâce à cette histoire j’ai quand même appris des choses…
Or pourquoi je vous parle de tout cela ? Eh bien il faut savoir que Monsieur Christophe et son copain ne sont désormais plus ensemble ; après plusieurs mois de pause qui ont bouffé toute l’énergie de notre pauvre ami, la fin a été décrétée et depuis notre Christophe essaie de rattraper le « temps perdu » pendant les deux années de vie commune avec son ex ; c’est donc pour cette raison qu’il se conduit de façon assez dérangeante et nauséabonde. En gros il croit bon de draguer tout ce qui bouge, peu importe si ses amis (qui ont supporté sa déprime pendant plusieurs mois) éprouvent des sentiments plus ou moins forts pour ses proies.
En tout cas, avec des amis comme Stefano, il est permis de leur faire du mal consciemment car de toute façon il suffira de s’excuser après pour arranger la situation.
« Stefano je m’en veux tellement pour ce que j’ai fait ! » Ah bon ? Comme je l’ai déjà dit il aurait fallu y penser avant ; il est étudiant en médicine et il est donc censé savoir que l’être humain est doté d’un cerveau qui lui permet de pondérer les effets de tous ses actes. Et si le cerveau ne suffisait pas, l’être humain, dans sa grande magnificence, est aussi doté d’une conscience qui lui permet de discerner si ses agissements sont bons ou mauvais. Il est vrai que la conscience n’est pas étudiée par les aspirants médecins, mais j’avais osé espérer qu’il en avait une, mais là je me rends compte que j’ai, une fois de plus, reposé trop de confiance sur l’être humain et qu’encore une fois la perfection humaine tant célébrée par les humanistes au XVIe siècle laisse souvent la place à des hommes qui ne réfléchissent qu’avec leurs organes reproducteurs.
Ce que je trouve pire c’est que cette conduite m’a poussé à me remettre en question ; je sais, on dit souvent qu’il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis, mais tous ces événements m’ont poussé à me demander s’il n’était pas temps de réviser ma conduite et d’essayer de bâtir un bouclier autour de moi pour contrer tous les attaques externes. Je m’en suis voulu ; je m’en suis voulu parce que je suis trop gentil, parce que je fais une confiance sans limites à mes amis, parce que je n’ai pas été capable d’engueuler celui qui m’a fait du mal. Et encore je m’en suis voulu parce que mon orgueil m’empêche de m’abaisser au niveau de ces homos qui arrivent à être vache et salope, je m’en suis voulu de ne pas être irrésistible, de ne pas être le beau gosse auquel personne ne résiste, de ne pas être grand et bien foutu, de ne pas être riche et pour plein d’autres raisons qu’il serait trop long de lister.
Après quelques heures de malaise j’ai enfin commence à m’en vouloir de m’en vouloir. Je suis celui qui a été lésé par une conduite que je ne suis pas près d’accepter et ce n’est pas à moi de culpabiliser. Je m’en suis voulu, mais ce n’est pas à moi de m’en vouloir. S’il y a quelque chose pour laquelle je devrais vraiment m’en vouloir c’est d’avoir pense, ne soit-il que pour quelques heures, que devenir comme ces homos corrompus par le milieu m’aiderait. Cela implique que je renie ce que je suis, la personne que j’essaie d’être, pour devenir quelqu’un que je mépriserais en rien de temps ; il est vrai, je ne suis peut-être pas le beau gosse qui peut avoir n’importe quel homme mais est-ce que cela est vraiment important ? Probablement, si j’avais été le beau gosse dont je parlais, ma vie aurait pris un chemin totalement différent : aurais-je appris à ne pas être superficiel et à ne pas tout baser sur les apparences ? J’ai quelques doutes. Je pourrais disserter sur cela pendant plusieurs pages, mais au final ce ne serait qu’une longue suite de « et si ? Et si ? ».
Je ne veux plus arriver au point de renier la personne que je suis à présent ! Il est vrai que je suis (très) loin d’être parfait, mais je travaille chaque jour avec acharnement pour devenir quelqu’un de meilleur, quelqu’un d’apprécié et respecté par mon entourage. Les leçons que j’ai appris jusqu’à présent m’ont permis de faire la connaissance avec des personnes exceptionnelles que je n’aurais probablement jamais rencontré si je m’étais conformé au personnage stéréotypé si hosanné par le milieu homosexuel. Je ne veux jamais oublier qui je suis et d’où je viens.
Là je me demande donc qu’est-ce que je devrais faire avec Christophe… Devrais-je le pardonner encore une fois ? Probablement il compte sur cela ! Et pourtant cela voudrait dire que peu importe le mal que l’on me fait car je pardonne de toute façon. Quoiqu’il en soit, en ce moment je n’ai pas trop envie de parler avec lui (hélas ce soir c’est presque sûr que je le verrai).
Il y en a probablement des entre vous qui se demandent pourquoi autant de haine contre Christophe et rien (pour l’instant) contre Julien ; il faut être deux pour s’embrasser. Eh bien, il est vrai que Julien n’est pas totalement innocent (d’après ce que Julienne m’a dit c’est lui qui a donné le coup d’envoi à la situation), mais à différence de Christophe, il ne pouvait pas savoir qu’il me faisait du mal. La dernière fois que l’on avait parlé de nous deux il avait dit qu’il ne voulait qu’une amitié et on en est restés là. Par contre Christophe était au courant de mes sentiments véritables et aurait pu (dû) tout arrêter quand il a vu la tournure désastreuse que la situation était en train de prendre. En plus, je ne sais pas pourquoi, mais je n’arrive pas à en vouloir pour de vrai à Julien. J’ai mal au cœur pour ce qui est arrivé et encore plus de mal quand je pense que maintenant cela risque de devenir plus sérieux, mais cela ne concerne que Christophe… pour ce qui concerne Julien, je n’ai pas envie de m’éloigner de lui, je veux rester là où je suis, à côté de lui pour l’aider. Il est toujours très fragile à mes yeux et par conséquent assez manipulable (je ne suis pas le seul qui s’en est rendu compte d’ailleurs). Je ne veux pas qu’il souffre comme j’ai souffert à cause de Christophe… On verra bien ce que cela va donner, mais je ne pardonnerais pas Christophe s’il faisait du mal à Julien (bon je ne l’ai pas encore pardonné pour le mal qu’il m’a fait, mais là il n’aurait plus aucune chance de se faire pardonner).
L’autre jour on m’a fait remarquer que je flashe souvent sur des mecs fragiles, qui ne s’assument pas, ou bien sûr des garçons qui sont submergés par les problèmes. Il est vrai que ce trait est assez évident si l’on fait une recension des jeunes qui ont habité la meilleure pièce de mon cœur… Je ne sais pas pourquoi je craque sur ce genre de mec ; cela a peut-être affaire à ma propre personnalité… je ne me considère pas comme quelqu’un de fragile (quoiqu’un psy pourrait écrire un livre sur mes névroses), mais c’est comme si j’avais besoin d’être avec quelqu’un de plus fragile pour moi pour ne pas accorder beaucoup d’importance à mes propres fragilités…
Sur cette dernière réflexion je vous laisse.
Impressive
Ecrit par Impressive, le Vendredi 19 Mai 2006, 16:53 dans la rubrique "Le Journal Intime".

Commentaires
chichi
Pandore
17-10-07 à 20:46
Ah! Mon Dieu! que de niaiseries de feufilles pour des gribouillades semblables! Si le mec est dispo, c'est premier arrivé, premier servi. T'avais juste à agir plus rapidement avec ton 'chouhou' pour lui montrer que t'étais intéressé!
Ces histoires de pseudo-amourettes manquées sont tellement pathétiques!
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