Something to Remember
Depuis quelques semaines je consacre une grande partie de mon temps à la préparation de mon dernier séminaire d’histoire ; si tout se passe comme j’ai prévu, dans une semaine (moins d’une semaine en effet) j’aurai ma dernière attestation et il ne me restera « plus » qu’à rédiger mon mémoire et passer mes examens finaux. Mais le moment n’est pas encore arrivé de me soucier de cela car j’ai en tout cas décidé de m’en occuper après mon séjour en Angleterre…
Le séminaire qui m’occupe en ce moment m’a obligé à me rendre aux archives d’Etat et à dépoussiérer l’archive d’une famille assez connue dans notre région (mais surtout dans les montagnes neuchâteloises), une famille à la base paysanne qui a en quelques années été protagoniste d’une ascension sociale considérable qui l’a amenée à acquérir
Or j’ai pu consulter les archives de cette famille et j’ai pu avoir accès à la correspondance familiale (en fait je ne l’ai pas dit mais le séminaire en question à pour but de traiter des aspects divers de la société neuchâteloise du XVIIIe et du début du XIXe à partir des correspondances échangées au sein de certaines familles plus ou moins importantes) et je dois avouer que je me suis assez rapidement laissé entraîner par les petites questions familiales qu’y étaient narrées. On a assez rapidement l’impression d’entrer dans un jardin secret, car on se permet en quelques sortes de faire une incursion dans cette correspondance qui ne nous est pas destinée.
Certes ce côté voyeuriste est loin de me déplaire et effectivement c’est ce qui m’a d’abord motivé à entreprendre ce long travail de lecture (325 lettre manuscrites que j’ai photographiées une à une pour pouvoir les lire à la maison) ; ensuite on se laisse, comme j’ai dit, entraîner par les joies, les douleurs, les chagrins et les soucis de ces personnes qui ont sillonné ces terres il y a désormais plus de deux siècles.
J’ai déjà passé pas mal d’heures à lire ces lettres et il m’en reste toujours une centaine à lire entre aujourd’hui et demain, mais là j’ai décidé, après avoir passé une matinée sur cette correspondance, de venir en cours à 14h et puis de prendre un moment de pause pour écrire un petit article et me débarrasser de quelques pensées qui me distraient de ce travail méticuleux.
Mais finalement je n’arrive pas à ne pas penser à cette correspondance et à l’effet qui me fait de lire ces lettres ; je pense que cela serait encore plus évident si j’avais dû lire un journal intime (d’autres groupes ont dû lire des journaux de raison à côté de la correspondance et cela devait être encore plus intéressant et passionnant) car je me mets à la place de ces personnes et je me dis que peut-être un jour ce blog aussi fera l’objet d’un séminaire. En tout cas je serais énormément flatté de savoir que quelqu’un se daignera de lire toutes ces bêtises et cherchera à discerner quelques traits de ma personnalité et de ma façon de penser. Bon en effet c’est un peu ce qui se passe sur joueb, mais si je devais déposer ces lignes dans une archive, eh bien il faudrait attendre 75 ou 100 ans avant que les gens aient le droit de les consulter, 100 ans pendant lesquels pas mal de choses changeraient et alors je crois qu’il serait d’autant plus intéressant de lire ces pages pour comprendre comment un jeune homosexuel vivait en 2006. Mais là je divague… je ne sais pas s’il y aura quelqu’un qui s’intéressera à ces écrits un jour ; quoiqu’il en soit j’écris pour moi et pour personne d’autre.
Voilà ce qui m’est passé à l’esprit en plongeant dans le petit monde ancien de la famille Houriet. Sinon pour ce qui concerne ma petite vie, il vaut peut-être la peine de mentionner que j’ai enfin discuté avec Christophe ; je n’ai pas plus l’éviter… tout le monde autour de moi devenait assez lourd à ce sujet et il y avait même des personnes qui en avaient fait un combat personnel ; je pense tout d’abord à Olivier qui n’a pas hésité à me sermonner et à me dire que Saint Christophe n’avait commis aucune faute. Et encore… à tout dire j’ai vraiment eu l’impression qu’il pensait que c’était moi qui avait commis une erreur (en plus ce n’est pas le seul). Donc finalement, pour arrêter tout ce cirque j’ai décidé de faire l’effort que l’on me demandait, j’ai répondu positivement au premier pas fait par St. Christophe et j’ai « pardonné ». Or cela ne veut nullement dire que j’ai oublié ce qui s’est passé car en tout cas il me faudra un bon moment pour que notre « rapport » reprenne le train qu’il avait avant ce petit inconvénient.
Sinon Olivier était très content de cette paix signée devant les portes sacrées du Paradox et c’est en effet la première chose qu’il m’a dit samedi soir ; pour le reste il m’a demandé au moins dix fois comment ça allait et quand je lui ai gentiment fait remarquer qu’il n’arrêtait pas de me poser la même question depuis le début de la soirée il m’a répondu qu’il estimait que je m’éloignais du groupe. Cela m’a fait rire et je dois avouer que je n’ai pas su quoi répondre tout de suite ; après une petite réflexion je lui ai dit que je ne pensais pas que c’était le cas, que c’est vrai que je ne pouvais pas voir tout le monde trois fois par semaine comme il arrive avec Samuel, et que si j’étais plus distant, eh bien cela devait être inconscient et probablement le résultat des événements qui m’ont affecté durant ces derniers mois.
Il est vrai que j’ai pris du recul par rapport à certains membres du groupe, mais cela était bien inévitable car on ne peut pas avoir le même rapport avec tout le monde ; il y a des personnes avec qui le courant passe super bien et avec qui je partage beaucoup plus que des moments de délire (je pense de façon particulière à Romain et Samuel) et puis il y a des gens avec qui j’aime bien passer des soirées mais à qui je n’arrive plus à me confier. J’ai été très proche avec Olivier, mais là je ne peux plus l’être comme avant car comme il le dit il est au milieu entre Christophe et moi et quoique je lui dise je sais qu’il va le répéter à l’autre ; par contre je sais de pouvoir compter sur la discrétion de Samuel ou de Romain le cas échéant.
D’ailleurs je pense que c’est pour cela que la distinction entre « ami » et « meilleur ami » existe ; on ne peut pas avoir les mêmes sentiments pour tout le monde… il y a des gens qui nous marquent plus que d’autres ; en plus de cela, Olivier m’en veut secrètement parce que je n’ai pas voulu accepter SON thème pour MA fête de départ (je vous dis, des fois c’est pire qu’à l’école maternelle).
Pour clore cet article dans un autre registre, je ne peux éviter de mentionner ma dernière mésaventure dans le domaine sentimental ; il se trouve que pendant ces dernières semaines, lorsque je décidais de faire une petite pause, je me connectais à un site de rencontres pour homosexuels et j’ai commencé à discuter avec des jeunes de mon âge afin de trouver quelqu’un d’intéressant. Je suis donc tombé sur deux ou trois mecs qui avaient plusieurs atouts et avec lesquels j’ai commencé à discuter de façon plus sérieuse. Avec un d’entre eux la discussion s’est très bien déroulée et nous avons décidé de nous voir ; il devait donc venir boire un thé chez moi, ce qu’il a fait. Le jeune homme en question avait tout pour me plaire et disons qu’après le thé nous nous sommes retrouvés dans une situation assez « intime » qui a été très plaisante. A son départ en fin de soirée je lui ai dit de m’écrire pour me donner des nouvelles, chose qu’il n’a pas faite ; je lui ai moi-même écrit un message, mais après plus de 24 heures je n’ai toujours pas de réponse.
Or je sais que je ne devrais pas m’en faire ni me poser des questions ; nous avons passé un moment très agréable qui ne se répétera probablement pas ; ce qui me titille c’est qu’il avait dit qu’il cherchait quelque chose de stable et de sérieux, mais là j’ai pas mal d’éléments pour affirmer que je me suis fait avoir et que le jeune homme était tous simplement dans une période d’abstinence de câlin à laquelle il voulait mettre un terme (ou au moins marquer une petite pause).
Donc voilà, encore un plan foireux, encore une déception ; on m’a utilisé (soit-il clair : d’un certain côté cela fut loin de me déplaire hi hi hi). En plus je me suis dit que là on est presque à la moitié du mois de juin ; le 16 septembre approche de plus en plus et il est de moins en moins raisonnable de se lancer dans une histoire car le temps à passer avec ma « moitié » devient de plus en plus exigüe. Enfin… là il vaut mieux que j’arrête sinon je vais me faire dire encore une fois que je réfléchis trop et qu’il faudrait juste que je vive ma vie sans trop réfléchir ; pour cette raison j’achève ici mon article (aussi parce que il est bientôt l’heure de retourner à mes fonds Houriet).
Je vous embrasse
Impressive
Ecrit par Impressive, le Vendredi 9 Juin 2006, 17:20 dans la rubrique "Le Journal Intime".
